Journée de la femme ?
- Marya PERASTE

- 9 mars 2022
- 7 min de lecture
Dernière mise à jour : 9 mars 2022

Parlons-en alors, mais de ces femmes brisées, abimées, voire détruites. Celles qui, sous tous les cieux, souffrent et trainent derrière elles des fardeaux tellement lourds qu’elles avancent avec le sourire malgré tout, mais le cœur en lambeaux, la démarche fière mais bancale et douloureuse.
On parle de la violence conjugale, de la violence sexuelle, mais que fait-on alors de ces violences tout aussi destructrices qu'on trouve bien plus qu'on ne le pense dans les familles bien comme il faut ? Dans les familles chrétiennes, oui oui...
Celles qu'on ne dévoile pas, qu'on ne dit pas, mais qu'on trouve chez ces pères, ces mères qui à l'église font bonne impression, ou qui sont des collègues, des voisins respectés et au dessus de tout soupçon ? Ces violences qui se nomment quand ces filles devenues femmes veulent parler pour s'en libérer.
Je ne juge personne. D’ailleurs qui suis-je pour le faire ? Je ne sais rien de votre histoire, je ne vous connais pas et je ne sais pas ce qui vous a poussé ou vous pousse encore à agir de la sorte envers vos filles.
Non ! Je ne vous juge pas ! Mais je veux parler au nom de toutes ces femmes qui me sollicitent et qui pleurent, celles qui cherchent un sens à leur existence, celles qui voudraient trouver du gout à la vie, celles qui se battent contre leurs idées noires et leurs envies de tout plaquer. Celles qui masquent leurs douleurs derrière l’image d’une bonne épouse, d’une bonne maman, d’une bonne sœur ou d’une bonne amie, mais qui, une fois seule avec elles-mêmes sombrent dans la déprime, voire la dépression. Celles qui même à un âge avancé n’ont toujours pas trouvé leur équilibre,
Je deviens le temps d'une journée leur porte-voix pour dire et dénoncer cette violence sournoise, car il est temps que cela cesse.
La violence c'est quand habités par une rigueur extrême, une éducation rigide et pensant peut être bien faire, vous avez contrôlé votre enfant avec agressivité et colère. Vous avez frappé, puni avec rage, infligé des sévices corporels et ou psychologiques à votre fille, la privant de toute liberté parce que c’est ainsi que vous avez compris votre rôle parental. Vous vouliez la protéger, et c'est un bon sentiment, mais pour assoir votre autorité vous l'avez rabaissé, brutalisé, et manquer de respect. Vous avez abusé d’elle psychologiquement, spirituellement ou mentalement.

La violence c'est quand vous n’avez pas donné ou pas su montrer de l’amour à votre fille. C'est quand vous l’avez privé de paroles positives et valorisantes. Au contraire, vous vous êtes moqué d’elle, de son physique, de sa personnalité ; la trouvant moins intelligente, moins jolie que son frère ou sa sœur. Vous l’avez bien des fois ridiculisé, provoqué, puis face à son silence désapprobateur ou à ses larmes vous avez dit que ce n’était qu'une "blague, une petite taquinerie". En réalité, à chaque fois c’était pour elle un couteau planté bien profond en plein cœur.
La violence ou la maltraitance, c'est quand vous l'avez négligé en lui accordant si peu, ou pas du tout d’attention, parce que tellement pris par votre travail, vos loisirs, vos multiples occupations, voire même vos activités d’église. Vous n’aviez pas de temps pour elle…

Je m’adresse à vous papas, qui en divorçant de sa mère ou en vous séparant d’elle, vous vous êtes aussi séparé de votre enfant. Vous avez tourné le dos à une petite fille ou une adolescente sans un regard, sans une explication pour la rassurer quant à votre amour pour elle, vous ne lui avez pas dit que cet amour ne sera en rien altéré par les conflits et qu’elle restera à tout jamais votre bien le plus précieux. Non ! Vous n’avez pas fait cela. Vous avez disparu dans la nature, en emportant avec vous l’amour et l’affection, la protection dont elle avait tant besoin en lui infligeant une blessure qui, pendant longtemps se rouvrira à chaque fête des pères, à Noël, ou à son anniversaire. (Je ne m’adresse pas ici aux papas qui, à cause de la maman ont été privés de leur fille).
Mais vous mamans justement qui par orgueil, pure vengeance, avez fait le choix d’interdire toute rencontre père-fille, vous qui refusez d'entendre les soupirs et les cris légitimes du papa, savez vous qu’en agissant ainsi vous creusez un puit profond dans le cœur de votre fille, tellement profond que sans un apport affectif suffisant, de tierce personnes bienveillantes, elle s’en ira quémander de l’amour au prix de son honneur et de son estime d’elle-même ? La plaie restera béante très longtemps, voire pour toujours.
Oui, dans certaines situations il vaut mieux éloigner l’enfant du parent toxique ou dangereux, et la justice est là pour cela. Mais c'est de la violence que de priver une enfant de son père au motif que vous êtes en colère contre lui. C'est votre histoire d'adultes et votre fille n'a pas à subir les conséquences.
Et pour finir, vous pères abuseurs, vous qui un jour n'avez plus regardé votre fille comme votre princesse, mais comme un objet sexuel. Vos mains qui se devaient d'être protectrices, bienfaisantes et aimantes sont devenues exploratrices malsaines, des lames aiguisées déchiquetant son corps innocent. Sans aucune morale, une once de respect, sans retenue vous avez violé, abusé votre fille pour assouvir votre appétit diabolique et vos envies perverses. Vous avez ainsi volé son innocence, brûlé vive son âme d’enfant. Vous l’avez détruite alors que vous deviez la protéger.
Un père ne peut être un bourreau. Et si jusqu’à aujourd’hui vous n’avez nullement été inquiété par la justice des hommes ; vous n’échapperez pas à la justice divine à moins que vous ne vous repentiez de vos actes odieux et criminels.
Comprenez ma colère, ma tristesse mêlée d’empathie quand, meurtries, désabusées, confuses et honteuses elles me racontent leurs parcours. Comprenez que je ne peux contenir leurs larmes amères qui ravagent leur visage, mettant à nu leur cœur brisé, leur âme meurtrie.
Acceptez que je vous dise que vos filles sont, à cause de tout cela, fragiles derrière leur armure de fanm djok (femme forte). Elles n’ont pas confiance en elle et se font piétiner sans broncher par des maris, des hommes, d’autres qui étrangement vous ressemblent car elles répètent inlassablement le même scénario n’ayant que vous et vos dysfonctionnements pour repères. Ou alors elles se transforment en guerrière au cœur dur pour ne plus vivre ça, alors qu'elles n'aspirent qu'à la douceur et au respect.
Savez - vous qu’à force d’entendre vos paroles dévalorisantes, vos filles devenues femmes n’ont aucune estime d’elle-même, se trouvent stupides, nulles et sans intérêt ?
Entendez-vous leurs soupirs désespérés après l’amour, cherchant vainement de quoi combler cet immense trou laissé par vos absences, vos abandons, vos maltraitances, vos blessures verbales, et vos crimes sexuels ?
Elles aiment à en crever pour être aimées en retour. Elles aiment quitte à laisser leur peau, à être détruites à petit feu, être insultées sans broncher car elles recherchent en vain malheureusement cet amour, ce respect, cette attention que vous ne leur avez jamais donné.
Etes vous au courant de leurs insomnies ? Leurs crises d’angoisse et de panique ? Leurs luttes vaines contre la dépression, contre l’alimentation refuge, contre les relations sexuelles à tous vents pour un instant de considération, fugace et sans lendemain.
Puissent mes mots vous faire prendre conscience de leurs combats désespérés contre ces blessures lancinantes infligées par ceux et celles qui auraient dû prendre soin d’elles.
Vous juger n’est pas de mon ressort mais je me devais en cette journée de la femme, de vous parler d’elles.
Et je les aime ces femmes ! J’accueille avec respect leurs douleurs et leurs larmes. Je ne les répare pas, j’en suis incapable, mais je leur offre ma main, mon cœur, mon temps, pour faire, avec l'aide de Dieu et le soutien de sa grâce, un bout de chemin avec elles. Ce chemin qui mène vers le Père, le Dieu de consolation, de guérison et de restauration.
Femme moi-même, mais totalement guérie, je les comprends, les respecte. J'écoute leurs histoires tout en maitrisant ma peine, mais toujours avec douceur.
J’aime quand, à force de travail sur soi, de prières, et de persévérance, de foi en Celui qui peut transformer leur désert en jardin fleuri, elles osent découvrir les suaves senteurs de l’amour de Dieu et enfin prendre leur envol vers d’autres horizons de paix, de réconciliation avec elles-mêmes, s’appuyant sur les promesses infaillibles de leur Sauveur et Seigneur. Je les aime profondément, dans leurs différences et leurs singularités. Elles sont fortes ces femmes, tellement belles et riches malgré les blessures. En cheminant elles deviennent encore plus aimantes et précieuses. Elles m'apprennent à aimer, me touchent, élargissent mon cœur.
J’aime quand, au détour d’un échange, elles laissent échapper un sourire d’espoir et d’espérance, me remerciant pour le chemin parcouru et déterminées à aller vers-elles mêmes, vers leur destinée. Je suis toujours agréablement surprise de voir que leurs plaies à peine cicatrisées, elles pensent déjà à aller vers leurs sœurs encore enchainées pour leur dire que la liberté et la guérison sont possibles.
Ce n’est qu’à ce moment que ma peine s’apaise et qu'il m'est alors plus facile de vous laisser entre les mains de celui qui peut et veut malgré tout vous racheter et faire de vous des meilleurs pères, des meilleures mères si vous reconnaissez vos tords et que vous vous repentiez.
Quand à moi, je prie pour être encore aujourd'hui, une bonne maman, une excellente mamie. Imparfaite je le serais toujours, mais aimante et bienveillante, je peux et veux l'être jusqu'à la fin.
Femmes de foi, femmes courageuses, femmes au cœur d'or, déterminées à relever les défis et décidées à vivre autre choses que les cyclones de la vie, que la grâce et la paix vous soient données de la part de notre Seigneur. Vous êtes un joyau, une pierre précieuse qui orne sa couronne. Demeurez bénies ! Le meilleur est devant vous, alors foncez !
PS : si tu as besoin d'aide dans ce domaine, que tu sois celui ou celle qui a violenté, ou la victime , je suis là pour t'aider, contactes-moi


